Paul Pascual

Jancovici, ou l’arnaque à la blouse blanche

31 octobre 2026

Paul Pascual

Comme beaucoup de domaines, l’écologie est très clivante. Il est en effet tout à fait possible d’argumenter pendant des heures dans un sens comme dans un autre, sans que vraiment un consensus n’émerge même avec la plus éminente des assemblées.

Et là est tout le danger : la communauté considérée en son ensemble, les groupes d’opinions se distinguent dans une certaine forme d’équité, mais pris individuellement, par exemple sur un plateau télévisé sans expert d’opposition, en position d’expert, le point de vue de l’intéressé sera inopposable même par le plus aguerri des journalistes.

Jancovici a fait de ce syndrome de la blouse blanche (=> discours incontestable car expert) son empire.

La première étape consiste à semer la panique : plateaux télévisés, livres, interviews diverses, tous les moyens sont bons pour convaincre l’opinion d’un désastre à venir.

Ensuite, fort de l’opinion populaire sciemment formatée, il s’agit d’imposer, sous couvert de responsabilité environnementale et sociale, avec les politiques, de nouvelles réglementations contraignantes.

Enfin, pour naviguer et mettre en place la poêlée de nouveaux rapports nécessaires pour être « en conformité » (=> obtenir un bon point « entreprise engagée »), il convient de se tourner vers un cabinet spécialisé. Et qui de plus apte à répondre à cette mission que Carbone4, l’entreprise de conseil de Jancovici, celui-même qui prédit le désastre à venir ?

Mais me direz-vous, pourquoi les grandes entreprises ne se révoltent pas ? La réponse est plus subtile qu’il n’y paraît, en effet celles-ci y gagnent, et y gagnent gros. En effet, quelle manière plus efficace pour une multinationale de verrouiller son monopole et empêcher l’apparition de nouveaux acteurs que la nécessité de rapports et labels hors de prix pour la PME, mais argent de poche pour elle ? C’est une manière de créer un monopole légal, mais très efficace.

Jancovici réussit ainsi le tour de passe-passe parfait : il crée le problème et le résout, quelques factures au milieu, et sans réellement risquer gros : les entreprises y voyant leur intérêt et l’opposition étant trop dispersée, sans même parler de la loi de Brandolini. En clair, la méthode Jancovici représente un système d’influence économique et stratégique de l’ordre de la perfection, sans risques, et au bénéfice maximal.